Written, produced and mixed by Julien Racine and Justin Leduc-Frenette between 2023 & 2025
Mastered at Asthma Groupe Studio
Artwork by Jesse Osborne-Lanthier
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Nous avons reçu, quelque part en 2023, une invitation de la part d’une entité gouvernementale. Le type de demande qu’un groupe de musique marginal ne reçoit pas. Mais voilà, parfois l’on se réveille, le matin préférablement — ou peut-être était-ce aussi la nuit, dans l’interminable hiver de force —, et on lit les mots d’une demande gouvernementale à l’égard d’un groupe dont nous sommes membres. En l’occurrence deux membres ; quatre bras ; quatre oreilles ; quatre yeux. L’on se dit alors, « peut-être veut-on nous arrêter ? », ou « peut-être allons-nous être interrogés ? », ou « peut-être allons-nous nous demander de l’argent ? ». On ne sait jamais, en ces temps incertains, comme ils disent.
Non. La demande concerne la « musique » et les « sons » : « Nous voulons rendre hommage à la splendeur de l’hiver en demandant aux artistes d’ici une installation sonore saisonnière dans l’escalier du Parlement ». Un projet qui mobilise les ardeurs de la création. Un projet qui donne envie de claquer des portes. Un inénarrable projet de gouvernance au profit de la culture officielle de la culture.
Alors on s’y met pour que tout foute le camp. Et on crée DRAME I : Hiver de force. Une installation sonore qui dirait : l’âme est un os. Le gouvernement refuse, car « pas ce qu’ils avaient en tête pour un contexte qu'ils souhaitaient féérique ». Un autre groupe a reçu la demande, qu’ils ont dûment remplie, comme le chèque qu’ils ont reçu deux ans plus tard. On a invité le groupe sur des plateaux de télévision gloriole et à la radio officielle, chose rare pour les têtes pensantes d’une « installation sonore ».
Hiver de force existe toujours ; il peut être écouté comme l’envers du costume politique. La persistance de son refus. Le troisième album d’une Corporation. Huit pièces de froideur, de soustraction, de logique minimale. Le DRAME, lui, est une série d’albums qui suivra ce « chapitre » inaugural. Pour l’instant, cette série ne compte pas de fin.
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Sometime in 2023, we received an invitation from a government agency. The kind of request that a marginal music group doesn't get. But there you are, sometimes you wake up, preferably in the morning—or maybe it was also at night, in the endless winter of force—and you read the words of a government request regarding a group of which you are a member. In this case, two members; four arms; four ears; four eyes. So we say to ourselves, “Maybe they want to arrest us?” or “Maybe we're going to be interrogated?” or “Maybe they're going to ask us for money?” You never know in these uncertain times, as they say.
No. The request concerns “music” and ‘sounds’: “We want to pay tribute to the splendor of winter by asking local artists to create a seasonal sound installation in the Parliament stairwell”. A project that mobilizes creative fervor. A project that makes you want to slam doors. An unutterable governance project for the benefit of the official culture of culture.
So we set to work to make everything go haywire. And we create DRAME I: Hiver de force. A sound installation that says: the soul is a bone. The government refuses, because “it's not what they had in mind for a context they wanted to be magical.” Another group received the request, which they duly completed, as evidenced by the cheque they received two years later. The group was invited onto gloriole television sets and official radio stations, a rare occurrence for the minds behind a “sound installation.”
Hiver de force still exists; it can be listened to as the other side of the political costume. The persistence of its refusal. The third album by a Corporation. Eight pieces of coldness, subtraction, minimal logic. DRAME is a series of albums that will follow this inaugural “chapter.” For now, this series has no end.